ÉDITORIAL | Par Jean-Marie KONÉ
À l’heure où les ressources naturelles ne suffisent plus à garantir la croissance, le continent africain doit relever le défi de l’immatériel. Entre la nécessité pour les cadres de produire leur propre savoir et l’urgence de réformer nos modèles éducatifs, le manager de demain sera un hybride : à la fois chercheur, visionnaire et leader émotionnel.
Le capital humain n’est plus une simple variable d’ajustement comptable, c’est le réacteur nucléaire de l’entreprise moderne. Pourtant, un fossé persiste entre les compétences acquises et les exigences d’un marché mondialisé. Pour combler ce gap, trois ruptures majeures redéfinissent aujourd’hui la performance.
La fin du complexe du “savoir importé” : Le sacre du DBA
Pendant des décennies, le management en Afrique s’est nourri de théories conçues ailleurs. Le Doctorate in Business Administration (DBA) vient siffler la fin de cette dépendance.
Ce diplôme de haut niveau n’est pas qu’un titre académique ; c’est un outil de souveraineté intellectuelle. En permettant aux cadres en activité de théoriser leur propre expérience, le DBA transforme l’entreprise en laboratoire. Produire son propre savoir, c’est cesser de consommer des solutions « prêt-à-porter » pour concevoir du « sur-mesure » managérial, adapté à nos réalités locales.
L’éducation au défi du futur : Former pour l’innovation
L’innovation ne se décrète pas, elle s’enseigne. L’alignement des programmes sur les métiers du futur est devenu une urgence de sécurité économique. Le constat est sans appel : une éducation qui se contente de réciter le passé condamne la jeunesse au chômage de demain. L’école doit devenir le partenaire stratégique de l’industrie pour que le dividende démographique africain devienne une véritable puissance de frappe.
La revanche de l’humain : Les Soft Skills, nouveau juge de paix
Si le diplôme ouvre la porte, c’est le comportement qui permet d’y rester. La bataille entre Hard Skills (technique) et Soft Skills (comportement) a tourné court. Dans un monde saturé de technologie, la valeur ajoutée se déplace vers ce que la machine ne peut pas copier : l’empathie, l’agilité et le leadership éthique. Aujourd’hui, le savoir-être est devenu le nouveau savoir-faire










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