Une découverte récente met en lumière un élément souvent sous-estimé dans la maladie de Parkinson. Des chercheurs ont utilisé des outils de pointe pour observer le cerveau d’une manière inédite. Résultat : un nouveau champ d’exploration se profile pour les spécialistes et offre un espoir de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents de cette maladie.
Au sommaire
- Des astrocytes révélateurs d’un mécanisme insoupçonné
- Une fenêtre ouverte sur de futures stratégies thérapeutiques
La maladie de Parkinson, affection neurodégénérative caractérisée notamment par des tremblements et une rigidité musculaire, soulève encore de nombreuses interrogations. La prise en charge actuelle de la maladie de Parkinson s’appuie sur la combinaison de traitements dopaminergiques – dont la lévodopa -, de techniques telles que la neurostimulation profonde, et d’un suivi pluridisciplinaire visant à soutenir les personnes dans leurs activités quotidiennes.
Des scientifiques se sont penchés sur des cellules cérébrales longtemps reléguées au second plan : les astrocytes, des cellules en forme d’étoile qui soutiennent et protègent les neurones. Grâce à une approche innovante mêlant transcriptome (analyse globale des ARN d’une cellule) et imagerie à super-résolution (technique permettant d’examiner les structures cellulaires à une échelle très fine), cette équipe a mis en évidence des modifications jusque-là insoupçonnées. Leurs travaux suggèrent qu’en ciblant ces cellules, il serait possible de revisiter la compréhension de la maladie. Leurs résultats ont été publiés dans la très prestigieuse revue Nature.
Des astrocytes révélateurs d’un mécanisme insoupçonné
Les astrocytes jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du système nerveux. On les compare souvent à des gardiens qui surveillent l’environnement cérébral et assurent l’équilibre chimique. Cependant, chez les personnes atteintes de Parkinson, certaines variantes génétiques comme LRRK2-G2019S altèrent ces cellules de manière spécifique. La mutation LRRK2-G2019S, présente chez une minorité de patients, semble modifier la morphologie et le comportement de ces astrocytes.
Les chercheurs ont observé des changements subtils qui pourraient influencer la communication entre les neurones et leurs cellules de soutien. En étudiant de près la façon dont ces cellules se déforment et réagissent, ils espèrent mieux comprendre la progression de la maladie dans l’ensemble du cerveau, et pas uniquement au niveau des neurones dopaminergiques souvent étudiés.

Les astrocytes, des cellules en forme d’étoile, pourraient jouer un rôle très important dans le développement de la maladie. © catalin, Adobe Stock
L’apport majeur de cette étude repose sur la combinaison d’analyses génomiques à large spectre et de techniques d’imagerie ultra-fine. La possibilité d’examiner chaque cellule à un niveau de détail extrême a permis de dresser une cartographie précise des perturbations associées à la mutation LRRK2-G2019S.
Cette approche intégrative jette un éclairage nouveau sur le rôle des astrocytes dans la pathogenèse de la maladie. Des pistes se dessinent pour mettre en place des interventions ciblées, en modulant l’activité de ces cellules de soutien ou en empêchant certaines altérations détectées par l’imagerie. Les spécialistes espèrent que cette vision élargie inspirera de nouvelles approches thérapeutiques, peut-être plus personnalisées, en tenant compte de la diversité cellulaire au sein du cerveau parkinsonien.
Cette perspective redonne un élan à la recherche et nourrit l’espoir d’un avenir dans lequel les patients bénéficieront d’outils plus adaptés à leur situation biologique. Néanmoins, de nombreuses étapes sont encore nécessaires avant une potentielle application chez l’homme.
Par FUTURA
Commentaires