La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a accueilli le mardi 20 mai la réunion du Bureau de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA), réunissant les gouverneurs et hauts représentants des institutions monétaires du continent. L’ordre du jour a porté sur l’évaluation de la mise en œuvre des décisions prises lors de la session du Conseil des Gouverneurs, tenue le 4 septembre 2024 à Port-Louis, à l’Île Maurice.
Dans son discours d’ouverture, le président de l’ABCA, Dr Rama Krishna Sithanen, également Gouverneur de la Bank of Mauritius, a dressé un tableau préoccupant de l’environnement économique mondial. « Volatile, incertain, imprévisible, voire chaotique », a-t-il qualifié le contexte actuel, marqué par une intensification des tensions géopolitiques, une montée du protectionnisme commercial, et une fragmentation géoéconomique croissante.
Selon lui, ces bouleversements ont des répercussions directes sur les économies africaines, déjà fragilisées par la baisse des flux d’aide publique au développement. La dépendance persistante au dollar américain, notamment dans les échanges commerciaux et le service de la dette, aggrave les pressions sur les monnaies locales, renchérit les importations et compromet la soutenabilité financière de nombreux pays.
Face à ces défis, Dr Sithanen a appelé à renforcer l’intégration économique et monétaire du continent. Il a salué la présence à l’ordre du jour de deux projets stratégiques : le Programme de coopération monétaire africaine et la création de la Banque centrale africaine, considérés comme essentiels à la souveraineté économique du continent.
« Ces deux projets sont salutaires pour nous, Africains, et nous devons collectivement veiller à leur concrétisation », a-t-il souligné. Il s’est également félicité de la future mise en place d’une agence régionale de crédit, attendue pour le mois prochain, avec l’appui du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs.
L’ABCA regroupe actuellement 41 banques centrales membres. Elle poursuit l’objectif ambitieux d’aboutir, à terme, à une monnaie unique africaine et une Banque centrale commune, dans le cadre d’un processus progressif de convergence monétaire et financière. Cette réunion à Dakar pourrait marquer une nouvelle étape décisive dans ce chantier historique pour l’indépendance économique du continent africain.
Par Babou Landing Diallo
Commentaires