{"id":8560,"date":"2024-10-10T03:22:01","date_gmt":"2024-10-10T03:22:01","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmanagement.com\/?p=8560"},"modified":"2024-10-10T03:22:01","modified_gmt":"2024-10-10T03:22:01","slug":"senegal-adoption-de-la-loi-sur-la-commission-des-droits-de-lhomme-un-signal-fort-pour-la-bonne-gouvernance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmanagement.com\/index.php\/2024\/10\/10\/senegal-adoption-de-la-loi-sur-la-commission-des-droits-de-lhomme-un-signal-fort-pour-la-bonne-gouvernance\/","title":{"rendered":"S\u00e9n\u00e9gal-Adoption de la loi sur la commission des droits de l\u2019homme : Un signal fort pour la bonne gouvernance"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Le S\u00e9n\u00e9gal, pays pionnier en mati\u00e8re de droits de l\u2019Homme en Afrique, a adopt\u00e9 une nouvelle loi r\u00e9formant la Commission s\u00e9n\u00e9galaise des droits de l\u2019Homme (CSDH), marquant un tournant d\u00e9cisif vers le renforcement de l\u2019\u00c9tat de droit et de la bonne gouvernance. Cette initiative, port\u00e9e par une vision de r\u00e9forme et de modernisation des institutions, r\u00e9sonne comme une promesse de protection renforc\u00e9e des droits humains.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong>Par Zaynab SANGAR\u00c8, S\u00e9n\u00e9gal<\/strong><\/p>\n<p>Il y a 54 ans, en 1970, le S\u00e9n\u00e9gal jetait les bases de sa premi\u00e8re institution d\u00e9di\u00e9e aux droits de l\u2019Homme, peu apr\u00e8s les turbulentes ann\u00e9es de mai 1968. Dans un contexte marqu\u00e9 par des revendications populaires, le pays initiait des r\u00e9formes majeures: la cr\u00e9ation du poste de Premier Ministre, r\u00e9duisant ainsi le pouvoir pr\u00e9sidentiel, et la formation du Comit\u00e9 s\u00e9n\u00e9galais des droits de l\u2019Homme (CSDH). Ce comit\u00e9 devenait un phare pour la protection des droits humains, inspirant une gouvernance plus inclusive et d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation du CSDH r\u00e9pondait aussi aux appels internationaux. D\u00e8s 1946, l\u2019Onu avait encourag\u00e9 les \u00c9tats \u00e0 mettre en place des comit\u00e9s nationaux des droits de l\u2019Homme. En adoptant le d\u00e9cret N\u00b070-453 en avril 1970, le S\u00e9n\u00e9gal a non seulement consolid\u00e9 ses propres engagements mais a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 la fondation d\u2019un mod\u00e8le pour d\u2019autres nations africaines. Ce comit\u00e9, en collaboration avec des intellectuels et jeunes cadres au sein du Club nation et d\u00e9veloppement, a ouvert la voie \u00e0 une gouvernance plus participative. En 1974, ce mod\u00e8le a permis l\u2019instauration du multipartisme, un acquis essentiel pour la stabilit\u00e9 d\u00e9mocratique du pays.<\/p>\n<p>Cette institution allait, quelques ann\u00e9es plus tard, \u00eatre rehauss\u00e9e par une loi conf\u00e9rant au CSDH une l\u00e9gitimit\u00e9 l\u00e9gislative en tant qu\u2019Institution nationale des droits de l\u2019Homme (INDH), un statut consolid\u00e9 en 1997. Par la suite, le S\u00e9n\u00e9gal a obtenu le statut \u2018\u2018A\u2019\u2019 aupr\u00e8s du Comit\u00e9 international de coordination des institutions nationales de droits de l\u2019Homme, attestant de la conformit\u00e9 de son institution avec les plus hauts standards internationaux.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces avanc\u00e9es, l\u2019institution a connu un revers en 2012, perdant son statut \u2018\u2018A\u2019\u2019 en raison de ressources insuffisantes, d\u2019un manque de transparence et d\u2019une autonomie limit\u00e9e. Ce d\u00e9classement a initi\u00e9 une p\u00e9riode de r\u00e9formes \u00e9tal\u00e9e sur une douzaine d\u2019ann\u00e9es, aboutissant enfin au vote \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 de la loi 03\/2024 par l\u2019Assembl\u00e9e nationale, cr\u00e9ant ainsi la Commission nationale des droits de l\u2019Homme (CNDH), en remplacement du CSDH.<\/p>\n<p>L\u2019initiative de cette loi a \u00e9t\u00e9 accueillie avec optimisme par les d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019Homme, pour qui elle repr\u00e9sente un engagement clair de la part des autorit\u00e9s s\u00e9n\u00e9galaises, en r\u00e9ponse aux aspirations citoyennes pour une gouvernance responsable et \u00e9quitable. Le ministre de la Justice, dans son plaidoyer devant la commission des droits de l\u2019homme, a soulign\u00e9 plusieurs innovations cl\u00e9s de cette r\u00e9forme : le passage de la d\u00e9nomination \u2018\u2018Comit\u00e9\u2019\u2019 \u00e0 \u2018\u2018Commission\u2019\u2019, l\u2019instauration de proc\u00e9dures transparentes pour la d\u00e9signation des commissaires, et la mise en place d\u2019un financement autonome pour garantir une ind\u00e9pendance accrue de la nouvelle institution.<\/p>\n<p>La nouvelle CNDH, dot\u00e9e de pouvoirs renforc\u00e9s, devrait b\u00e9n\u00e9ficier de moyens financiers accrus, d\u2019un personnel permanent et de pr\u00e9rogatives \u00e9tendues. Le Chef de l\u2019\u00c9tat, lors d\u2019un entretien m\u00e9diatique, a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 son engagement envers la lutte contre la corruption et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information, annon\u00e7ant par ailleurs des projets de loi compl\u00e9mentaires : \u00e9largissement de la d\u00e9claration de patrimoine, protection des lanceurs d\u2019alerte, et renforcement des pouvoirs de l\u2019Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC).<\/p>\n<p>L\u2019entr\u00e9e en vigueur de ces r\u00e9formes est envisag\u00e9e comme un nouveau d\u00e9part pour le S\u00e9n\u00e9gal, offrant un cadre renforc\u00e9 de protection des droits humains dans un monde o\u00f9 les acquis d\u00e9mocratiques sont sans cesse remis en question. Le Bureau r\u00e9gional pour l\u2019Afrique de l\u2019ouest du haut-commissariat des Nations unies aux droits de l\u2019Homme (HCDH-BRAO), par la voix de son repr\u00e9sentant r\u00e9gional, M. Ay\u00e9da Robert Kotchani, a salu\u00e9 les efforts du S\u00e9n\u00e9gal, exprimant son soutien et son engagement \u00e0 accompagner le pays dans cette trajectoire ambitieuse.<\/p>\n<p>Pour le S\u00e9n\u00e9gal, la qu\u00eate d\u2019un mod\u00e8le de gouvernance respectueux des droits humains se poursuit, ancrant encore davantage le pays dans une tradition d\u2019exception d\u00e9mocratique au sein du continent africain.<\/p>\n<p><strong>Zaynab SANGAR\u00c8<\/strong><\/p>\n<p>(Afrik Management\/ Octobre 2024)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le S\u00e9n\u00e9gal, pays pionnier en mati\u00e8re de droits de l\u2019Homme en Afrique, a adopt\u00e9 une nouvelle loi r\u00e9formant la Commission s\u00e9n\u00e9galaise des droits de l\u2019Homme (CSDH), marquant un tournant d\u00e9cisif vers le renforcement de l\u2019\u00c9tat de droit et de la bonne gouvernance. 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