{"id":6844,"date":"2024-06-06T09:10:44","date_gmt":"2024-06-06T09:10:44","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmanagement.com\/?p=6844"},"modified":"2024-06-06T09:10:44","modified_gmt":"2024-06-06T09:10:44","slug":"lanthropologie-de-linterdependance-reinventer-lentreprise-au-service-du-bien-commun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmanagement.com\/index.php\/2024\/06\/06\/lanthropologie-de-linterdependance-reinventer-lentreprise-au-service-du-bien-commun\/","title":{"rendered":"L&rsquo;anthropologie de l&rsquo;interd\u00e9pendance : r\u00e9inventer l&rsquo;entreprise, au service du bien commun"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;homme, un loup pour l&rsquo;homme ? Cette vision d\u00e9pass\u00e9e nourrit nos crises. Adoptant une anthropologie de l&rsquo;interd\u00e9pendance, construisons une \u00e9conomie pacifique et durable<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019homme est un loup pour l\u2019homme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Qui veut la paix pr\u00e9pare la guerre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le conflit est p\u00e8re de toute r\u00e9ussite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0no pain, no gain\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0si tu veux faire des affaires, il faut accepter qu\u2019il y ait du sang sur les murs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la meilleure d\u00e9fense, c\u2019est l\u2019attaque\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c\u2019est eux ou nous\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la vision limit\u00e9e que notre culture occidentale a d\u00e9velopp\u00e9e sur les concepts de vie, d&rsquo;\u00eatre humain, de soci\u00e9t\u00e9 et d&rsquo;entreprise, il est crucial de revisiter les contours du paradigme dominant qui influence nos analyses et nos actions. Pour \u00e9largir notre perspective, il est n\u00e9cessaire d\u2019adjoindre au regard des sciences de gestion et de l&rsquo;\u00e9conomie, les acquis de disciplines telles que la psychologie, la philosophie, la sociologie, les sciences politiques ou l&rsquo;histoire. L&rsquo;anthropologie, en particulier, sera ici notre guide pour poser ce premier fondement de la\u00a0paix \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Il est un dogme difficile \u00e0 contester aujourd\u2019hui dans la pens\u00e9e du plus grand nombre\u00a0: l\u2019\u00eatre humain serait par nature \u00e9go\u00efste et agressif. Cette vision s&rsquo;appuie sur de nombreux arguments et justifications, mais il est important de noter qu&rsquo;elle trouve sa source principale dans l&rsquo;id\u00e9ologie \u00e9conomique ultralib\u00e9rale, devenue une force dominante dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle.<\/p>\n<p>Le philologue allemand Victor Klemperer a d\u00e9montr\u00e9 comment un langage devenu totalitaire (notamment celui de l&rsquo;\u00e9conomie, empreint d&rsquo;une dimension guerri\u00e8re), peut s&rsquo;immiscer dans les esprits et influencer les comportements quotidiens. Il a mis en lumi\u00e8re le pouvoir du langage comme instrument id\u00e9ologique, capable de faire accepter comme v\u00e9rit\u00e9 ce qui est faux (\u00ab\u00a0Viktor Klemperer : repenser le langage totalitaire\u00a0\u00bb, de Laurence Aubry et B\u00e9atrice Turpin, CNRS \u00e9ditions, 2012).<\/p>\n<p>Certaines visions anthropologiques de la soci\u00e9t\u00e9 et de sa place dans le monde vivant, profond\u00e9ment enracin\u00e9es dans l&rsquo;histoire occidentale et omnipr\u00e9sentes dans le discours \u00e9conomique actuel, pourraient ainsi \u00eatre \u00e0 l&rsquo;origine des crises r\u00e9currentes et croissantes que nous subissons depuis des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie, au sens premier de \u201cbonne gestion de la maison\u201d, nous est pourtant indispensable. Elle nous procure les biens, services et richesses n\u00e9cessaires \u00e0 une vie d\u00e9cente. Mais le fait elle de mani\u00e8re \u00e9quitable et respectueuse du vivant ? Les catastrophes actuelles nous apportent une r\u00e9ponse cinglante : non. Il appara\u00eet donc fondamental de retisser\u00a0la confiance entre l\u2019\u00e9conomie et les individus, et de montrer comment cette derni\u00e8re peut redevenir le fondement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en paix.<\/p>\n<p><strong>D\u2019une anthropologie guerri\u00e8re de l\u2019ind\u00e9pendance\u2026<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e de tisser des liens \u00e9troits entre l&rsquo;\u00e9conomie et la paix est souvent tax\u00e9e d&rsquo;utopie. Dans le cadre d\u2019une \u00ab\u00a0guerre \u00e9conomique\u00a0\u00bb men\u00e9e par les puissances mondiales, les strat\u00e9gies, tactiques et armes d\u00e9ploy\u00e9es cr\u00e9ent une v\u00e9ritable excentration des d\u00e9mocraties &#8211; nourrie par un sentiment d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9, lui-m\u00eame exacerb\u00e9 par une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 la communication de masse amplifie les crises et pol\u00e9miques. Cette peur grandissante fragilise la confiance envers autrui et nos institutions.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, ces tensions, qui peuvent d\u00e9boucher sur de v\u00e9ritables conflits arm\u00e9s, trouvent leur source dans une vision anthropologique morcel\u00e9e et limit\u00e9e, encore largement v\u00e9hicul\u00e9e par nos soci\u00e9t\u00e9s. Celles-ci continuent ainsi de promouvoir une vision de l&rsquo;\u00eatre humain comme un individu agressif et \u00e9go\u00efste par nature, justifiant ainsi des politiques s\u00e9curitaires et \u00e9conomiques agressives.<\/p>\n<p>Ce cercle vicieux, aliment\u00e9 par la peur et une anthropologie limit\u00e9e, emp\u00eache la cr\u00e9ation d&rsquo;un espace propice \u00e0 la paix. Les d\u00e9cisions politiques, souvent fond\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9motion et le registre de la peur, favorisent des choix partisans et une \u00e9conomie du plus puissant, au d\u00e9triment du bien commun.<\/p>\n<p>Avant d&rsquo;envisager l&rsquo;adoption d&rsquo;une nouvelle \u00e9pist\u00e9m\u00e8 (ensemble des connaissances et des philosophies propres \u00e0 un groupe social ou \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e), il est int\u00e9ressant d&rsquo;examiner les fondements de notre vision anthropocentr\u00e9e et instrumentalisatrice de la nature. Si la pens\u00e9e grecque n&rsquo;\u00e9tablissait pas encore de rupture nette entre l&rsquo;homme et la nature, la cat\u00e9gorisation du monde par Aristote, bien qu&rsquo;ayant contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;essor scientifique, a amorc\u00e9 une certaine distanciation. Cependant, c&rsquo;est avec la chr\u00e9tient\u00e9 que l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une sup\u00e9riorit\u00e9 humaine sur la nature s&rsquo;est pleinement affirm\u00e9e (\u00ab\u00a0Par-del\u00e0 nature et culture\u00a0\u00bb, de Philippe Descola, \u00c9ditions Gallimard, 2005).<\/p>\n<p>Selon la religion chr\u00e9tienne, l&rsquo;homme, cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&rsquo;image de Dieu, n&rsquo;est pas un \u00e9l\u00e9ment comme les autres dans une nature cr\u00e9\u00e9e pour lui, mise \u00e0 sa disposition et qu&rsquo;il doit administrer. Le Moyen \u00c2ge a ent\u00e9rin\u00e9 cette vision en Occident, comme en t\u00e9moigne l&rsquo;\u0153uvre de Saint Thomas d&rsquo;Aquin, qui affirmait dans sa\u00a0Somme Th\u00e9ologique\u00a0que l&rsquo;homme, issu de la gr\u00e2ce divine, domine les animaux.<\/p>\n<p>Ce n&rsquo;est r\u00e9ellement qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge classique et lors de la r\u00e9volution scientifique du d\u00e9but du XVIIe si\u00e8cle que la culture et la nature seront d\u00e9finitivement s\u00e9par\u00e9es, sans aucun doute ult\u00e9rieur, par une vision m\u00e9caniste du monde. La nature devient ainsi une ressource \u00e0 exploiter pour notre profit ; une r\u00e9alit\u00e9 per\u00e7ue comme universelle. Ce n&rsquo;est que depuis quelques ann\u00e9es que nous prenons r\u00e9ellement conscience des cons\u00e9quences n\u00e9fastes de ce comportement.<\/p>\n<p><strong>\u2026\u00c0 une anthropologie humaniste de l\u2019interd\u00e9pendance dans le vivant<\/strong><\/p>\n<p>Une vision anthropologique influence ind\u00e9niablement les contours d&rsquo;un projet de soci\u00e9t\u00e9. La confrontation entre la vision d\u00e9crite pr\u00e9c\u00e9demment et celle propos\u00e9e ci-dessous est d&rsquo;autant plus marqu\u00e9e que le sentiment de peur et d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9domine ou que la crainte de perdre des privil\u00e8ges, qu&rsquo;elle soit r\u00e9elle ou fantasm\u00e9e, est pr\u00e9sente.<\/p>\n<p>Il est toutefois important de souligner que notre discours sur la paix, la croyance et l&rsquo;esp\u00e9rance ne vise nullement \u00e0 cr\u00e9er l&rsquo;illusion d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 sans conflit. La paix n\u2019est pas \u00e0 voir comme un id\u00e9al \u00e0 atteindre, mais bien plus comme une source d&rsquo;inspiration pour une engagement quotidien vers un avenir meilleur. Elle adopte le conflit comme t\u00e9moin des expressions multiples et g\u00e9n\u00e9rateur d\u2019\u00e9nergie, mais condamne fermement la violence.<\/p>\n<p>Loin des id\u00e9es re\u00e7ues, il est clair qu&rsquo;une des aptitudes essentielles d&rsquo;une personne pacifique est sa capacit\u00e9 \u00e0 la confrontation (inh\u00e9rente aux relations humaines) de mani\u00e8re non violente, et m\u00eame, dans certains cas, \u00e0 faire face \u00e0 la violence sans haine ou humiliation, toutes deux violences par procuration. Relever ce d\u00e9fi exige une dose cons\u00e9quente de courage envers soi-m\u00eame, indispensable pour adopter les comportements ad\u00e9quats.<\/p>\n<p>Le changement de paradigme anthropologique qui se profile (et qui puise sa source dans les champs de l\u2019anthropologie, de la philosophie et de la science politique) repose sur un rapport au monde tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Si nous consid\u00e9rons la vie comme centr\u00e9e sur les objets, se manifestant principalement \u00e0 travers des structures mat\u00e9rielles complexes (\u00eatres vivants, organisations, produits), nous passons \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment crucial. R\u00e9duire l&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 un \u00ab\u00a0homo \u0153conomicus\u00a0\u00bb agissant uniquement par int\u00e9r\u00eat propre (poss\u00e9der) est une vision r\u00e9ductrice. Nous sommes aussi des \u00ab\u00a0homo sapiens\u00a0\u00bb en qu\u00eate de sens et de sagesse, des \u00ab\u00a0homo ludens\u00a0\u00bb ayant besoin de jeux, d&rsquo;amour et de relations, et des \u00ab\u00a0homo faber\u00a0\u00bb d\u00e9sireux de cr\u00e9er et d&rsquo;agir sur le monde.<\/p>\n<p>Ce nouveau paradigme repose sur l\u2019id\u00e9e que la vie est relation, que le lien et l&rsquo;interconnexion sont intrins\u00e8ques \u00e0 l&rsquo;existence et qu\u2019ils s&rsquo;\u00e9tablissent avec l&rsquo;ensemble de notre \u00e9cosyst\u00e8me (\u00ab\u00a0Une \u00e9cologie des relations\u00a0\u00bb, de Philippe Descola, CNRS \u00e9dition, Paris, 2019).<\/p>\n<p>Nous sommes avant tout des \u00eatres en relation, interconnect\u00e9s. Notre force r\u00e9side non seulement dans notre capacit\u00e9 \u00e0 tisser des liens avec nos semblables, mais \u00e9galement avec les non-humains et l&rsquo;ensemble du vivant (\u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que la politique ?\u00a0\u00bb, de Hannah Arendt, Seuil, Paris, 2014).<\/p>\n<p>Notre nature sociale et relationnelle est notre force, mais elle doit aussi faire l&rsquo;objet de notre attention et de nos soins. Ce nouveau paradigme, en transformant notre regard \u00e9conomique, nous invite \u00e0 passer d&rsquo;un monde d&rsquo;objets \u00e0 exploiter \u00e0 un monde de sujets en relation (\u00ab\u00a0Les trois \u00e9cologies\u00a0\u00bb, de F\u00e9lix Guattari, Galil\u00e9e, 1989).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;entreprise au service du bien commun<\/strong><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9volution copernicienne pour l\u2019entreprise : si celle-ci continue de produire des biens, des services et des richesses, leur sens n\u2019est plus de maximiser les profits, mais de se mettre au service du bien commun. Ce n&rsquo;est pas un choix politique, mais une n\u00e9cessit\u00e9 impos\u00e9e par la nature des choses et les risques de crises qui en d\u00e9coulent.<\/p>\n<p>La paix \u00e9conomique repose sur une attention port\u00e9e au but premier de l&rsquo;\u00e9conomie : prendre soin et faire vivre les liens qui nous unissent, plut\u00f4t que de nous isoler en accumulant des richesses. Un exemple concret : la touillette \u00e0 caf\u00e9. Dans le paradigme centr\u00e9 sur l&rsquo;objet, sa valeur \u00e9conomique est tr\u00e8s faible, elle est facilement rempla\u00e7able et sans int\u00e9r\u00eat. Dans le paradigme de la paix \u00e9conomique, elle devient le symbole d&rsquo;une cha\u00eene humaine qui a \u0153uvr\u00e9 r\u00e9ellement pour notre bien-\u00eatre. Sa valeur s&rsquo;en trouve transform\u00e9e, nous incitant \u00e0 en prendre soin et \u00e0 en r\u00e9duire la consommation, ne serait-ce que par respect des efforts engag\u00e9s.<\/p>\n<p>Explorer ce changement paradigmatique est crucial pour abandonner une vision anthropologique belliqueuse et r\u00e9sister aux pressions d&rsquo;un lib\u00e9ralisme impr\u00e9gn\u00e9 de crainte. La question de la paix \u00e9conomique est avant tout politique et philosophique. Elle nous interroge sur la soci\u00e9t\u00e9 que nous voulons construire, les personnes que nous souhaitons devenir et les liens que nous voulons tisser pour vivre ensemble en paix.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit par ce changement paradigmatique d\u2019enclencher un mouvement pour une conception de la soci\u00e9t\u00e9 de demain, en contraste avec les divisions qui fracturent le monde actuel.<\/p>\n<p><strong>Vers une nouvelle anthropologie pour une \u00e9conomie de paix : de l&rsquo;intention \u00e0 l&rsquo;action<\/strong><\/p>\n<p>Que l\u2019on soit dirigeant, manager ou employ\u00e9, les perspectives \u00e9voqu\u00e9es dans cet article invitent \u00e0 se questionner sur notre fa\u00e7on de faire entreprise et de travailler ensemble\u00a0; il s\u2019agit de quitter le \u00ab\u00a0travailler plus pour gagner plus\u00a0\u00bb et d\u2019\u0153uvrer quotidiennement \u00e0 fa\u00e7onner l\u2019entreprise dans laquelle nous sommes heureux et fiers de travailler pour le bien de tous.<\/p>\n<p>Les r\u00e9flexions et les d\u00e9veloppements sur la raison d\u2019\u00eatre de l\u2019entreprise impulsent ce type de changement. Malheureusement, ils partent d\u2019en haut et sont tr\u00e8s souvent difficilement op\u00e9rationnalisables pour les op\u00e9rateurs de terrain\u00a0; dans leur quotidien ou lors de l\u2019entretien annuel, comment vont-ils pouvoir dire leur contribution \u00e0 ce nouvel \u00e9lan\u00a0?<\/p>\n<p>La question fondamentale est donc aujourd\u2019hui de savoir passer d\u2019une intention au renforcement de comportements quotidiens op\u00e9rationnels qui transforment r\u00e9ellement notre contribution \u00e0 la vie de la soci\u00e9t\u00e9, comment devenir, chacun \u00e0 son niveau, les architectes d&rsquo;une transformation \u00e9conomique et sociale profonde. Il s\u2019agit l\u00e0 de cr\u00e9er le r\u00e9f\u00e9rentiel de comp\u00e9tences clair et ad\u00e9quat qui \u00e9quipera concr\u00e8tement les employ\u00e9s et rendra, en retour, chaque fonction contributrice de la raison d\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>L&rsquo;anthropologie de l&rsquo;interd\u00e9pendance, en s&rsquo;opposant \u00e0 une vision guerri\u00e8re et \u00e9go\u00efste de l&rsquo;\u00e9conomie, offre un chemin vers une gestion plus inclusive et pacifique de nos entreprises, elle leur donne leur vraie mission\u00a0: \u00eatre utile pour contribuer \u00e0 la vie en nourrissant les liens. Comment\u00a0? Posez-vous la question\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Pour un acheteur \u2013 doit-on juste r\u00e9duire les couts ou ensemble cr\u00e9er de la valeur\u00a0?<\/li>\n<li>Pour un commercial \u2013 dois-je vendre plus ou vendre pour r\u00e9pondre au besoin de mon client\u00a0?<\/li>\n<li>Pour un manager \u2013 dois-je piloter aux indicateurs financiers ou m\u2019assurer que chacun se sent suffisamment en s\u00e9curit\u00e9 pour dire ce qu\u2019il a \u00e0 dire, se sentir reconnu et contribuer\u2026 et voir alors mes indicateurs progresser\u00a0?<\/li>\n<li>Pour un op\u00e9rateur \u2013 dois-je faire plus \u2013 de pi\u00e8ce, de r\u00e9paration, de transformation \u2013 ou dois-je faire bien\u00a0pour r\u00e9pondre aux attentes\u00a0?<\/li>\n<\/ul>\n<p>Il ne suffit pas d\u2019encourager des pratiques de gestion qui favorisent l&rsquo;\u00e9coute et le dialogue, qui int\u00e8grent la pleine conscience et le respect mutuel, et qui consid\u00e8rent le bien-\u00eatre des employ\u00e9s comme un pilier fondamental du succ\u00e8s de l&rsquo;entreprise\u2026 si le but reste la maximisation des profits comme une fin en soi. Il convient de changer de logiciel et de comprendre que le but de l\u2019entreprise est de produire des biens, des services et des richesses\u00a0au profit du bien commun.<\/p>\n<p>Par Dominique Steiler<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;homme, un loup pour l&rsquo;homme ? Cette vision d\u00e9pass\u00e9e nourrit nos crises. Adoptant une anthropologie de l&rsquo;interd\u00e9pendance, construisons une \u00e9conomie pacifique et durable \u00ab\u00a0L\u2019homme est un loup pour l\u2019homme\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Qui veut la paix pr\u00e9pare la guerre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0le conflit est p\u00e8re de toute r\u00e9ussite\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0no pain, no gain\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0si tu veux faire des affaires, il faut accepter qu\u2019il y ait du sang sur les murs\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0la meilleure d\u00e9fense, c\u2019est l\u2019attaque\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0c\u2019est eux ou nous\u00a0\u00bb. 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