{"id":5085,"date":"2023-11-23T16:51:44","date_gmt":"2023-11-23T16:51:44","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmanagement.com\/?p=5085"},"modified":"2023-11-23T16:51:44","modified_gmt":"2023-11-23T16:51:44","slug":"lhippopotame-un-decimat-silencieux-met-lespece-en-danger-dextinction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmanagement.com\/index.php\/2023\/11\/23\/lhippopotame-un-decimat-silencieux-met-lespece-en-danger-dextinction\/","title":{"rendered":"L\u2019hippopotame, un d\u00e9cim\u00e2t silencieux met l\u2019esp\u00e8ce en danger d\u2019extinction"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Un nombre important d\u2019hippopotames en Afrique est clandestinement massacr\u00e9 et si rien n\u2019est fait d\u2019ici 30 ans, le colosse deviendra vuln\u00e9rable et dispara\u00eetre de la terre. Ainsi, des r\u00e9seaux de trafiquants font tout pour passer par les mailles gr\u00e2ce \u00e0 la corruption, malgr\u00e9 les efforts des ONG internationales, telle qu\u2019EAGLE-Togo qui accompagne les autorit\u00e9s pour que les textes sur la protection des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es soient appliqu\u00e9s.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Les principales menaces qui p\u00e8sent sur les hippopotames sont la chasse pour la viande et pour ses dents et la diminution drastique de l\u2019habitat. Le d\u00e9clin des hippopotames est spectaculaire et s\u2019est produit dans un temps record. Notamment en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo et aussi en Afrique de l\u2019ouest.<\/p>\n<p>Mais dix pays africains dont le Togo ont accus\u00e9 l&rsquo;Union Europ\u00e9enne de mettre en p\u00e9ril la survie de l&rsquo;hippopotame. La raison\u00a0: Bruxelles s\u2019est oppos\u00e9e \u00e0 la proposition d&rsquo;interdire totalement le commerce des produits issus de l&rsquo;hippopotame, au cours d\u2019une rencontre internationale sur la protection des esp\u00e8ces en voie d\u2019extinction.<\/p>\n<p>La chasse ill\u00e9gale pour sa chair et pour ses dents en ivoire est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;une des raisons de la disparition de l&rsquo;hippopotame.\u00a0 En effet, les dents d&rsquo;hippopotame sont pris\u00e9es par les chasseurs d&rsquo;ivoire et figuraient parmi les parties de mammif\u00e8res les plus couramment saisies en 2020, selon un rapport de la Commission europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>La population des hippopotames est aujourd\u2019hui \u00e9valu\u00e9e entre 115.000 et 130.000 individus. Celle-ci a cependant connu un d\u00e9clin de 30 \u00e0 50 % au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie. En 2016, ces mammif\u00e8res amphibiens ont \u00e9t\u00e9 class\u00e9s comme vuln\u00e9rables \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage et inscrits sur la liste rouge de l&rsquo;Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).<\/p>\n<p>Actuellement, ces mammif\u00e8res sont r\u00e9pertori\u00e9s comme une esp\u00e8ce de l&rsquo;annexe II de la CITES, ce qui veut dire qu\u2019ils ne sont pas directement menac\u00e9s d&rsquo;extinction, mais pourraient le devenir si leur commerce n\u2019est pas r\u00e9glement\u00e9. En septembre, le Parlement europ\u00e9en a appel\u00e9 la Commission europ\u00e9enne \u00e0 soutenir le statut d&rsquo;annexe 1 pour les hippopotames et d&rsquo;autres esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>Au Togo, les hippopotames sont int\u00e9gralement prot\u00e9g\u00e9s, et on en compte une cinquantaine. La vall\u00e9e du Mono, compte \u00e0 elle seule, plus d\u2019une trentaine d\u2019hippopotames, selon le rapport de l\u2019ONG CDAC. La d\u00e9tention, la circulation et la vente de troph\u00e9es d\u2019hippopotames, sont punies par les articles 761 et 796 du nouveau Code p\u00e9nal du Togo. L\u2019article 761 par exemple r\u00e9prime d\u2019un maximum de cinq ans de prison et de cinquante millions d\u2019amende, toute personne qui directement ou indirectement commercialise sans droit, une esp\u00e8ce animale prot\u00e9g\u00e9e.<\/p>\n<p>Ainsi, un d\u00e9peuplement qui ne dit pas son nom, menace la population des hippopotames dans le fleuve Mono au sud-est du Togo. Afin de freiner les actions des braconniers, le Fonds pour l\u2019environnement mondial (FEM) et le PNUD ont sensibilis\u00e9 les populations riveraines.\u00a0 Celles-ci s\u2019est organis\u00e9 pour lutter contre la destruction de cette esp\u00e8ce qui constitue le patrimoine culturel de cette contr\u00e9e du Togo.<\/p>\n<p>Les actions de FEM et du PNUD consistent essentiellement \u00e0 int\u00e9resser les populations \u00e0 des activit\u00e9s g\u00e9n\u00e9ratrices de revenus ce qui les \u00e9loigne peu \u00e0 peu du braconnage. Ils sont \u00e9galement sensibilis\u00e9s sur l\u2019importance de sauvegarder la biodiversit\u00e9 de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me.<\/p>\n<p>En 2016 d\u00e9j\u00e0, la coop\u00e9ration allemande (GIZ), avait form\u00e9 des \u00e9co-gardes (gardes du site) pour mettre fin aux activit\u00e9s de braconnage au niveau des mares de Logoe, Afi, Afito, Dindin et Avli, abritant ces mammif\u00e8res aquatiques.<\/p>\n<p>En effet, le projet de conservation des hippopotames intervient dans une zone \u00e0 forte densit\u00e9 de population humaine (200 \u00e0 300 habitants au km carr\u00e9) de la zone littorale du B\u00e9nin et du Togo, aux enjeux fonciers importants et o\u00f9 l\u2019agriculture constitue la principale activit\u00e9 et occupe pr\u00e8s de 80 % des personnes.<\/p>\n<p>Dans leur qu\u00eate de terrains, les paysans convertissent les habitats de la faune en champs de cultures entra\u00eenant ainsi des conflits homme-hippopotame qui se traduit par des d\u00e9g\u00e2ts sur les r\u00e9coltes et par l\u2019abattage ill\u00e9gal des animaux. De leur c\u00f4t\u00e9, les p\u00eacheurs enregistrent parfois la destruction de leurs engins de p\u00eache.<\/p>\n<p>En l\u2019absence totale d\u2019aire prot\u00e9g\u00e9e, on note qu\u2019il existe quelques \u00eelots inaccessibles o\u00f9 se concentrent les rares esp\u00e8ces fauniques. Mais la pression d\u00e9mographique accro\u00eet de plus en plus les menaces sur ces \u00eelots qui sont des sites communautaires ou des propri\u00e9t\u00e9s individuelles.<\/p>\n<p>L\u2019initiative commenc\u00e9e depuis 4 ans vise \u00e0 s\u00e9curiser le statut foncier de sites individuels au profit de la conservation des esp\u00e8ces menac\u00e9es. La situation dans la vall\u00e9e du Mono\/Couffo constitue un cas d\u2019\u00e9cole pour l\u2019Afrique de l\u2019Ouest pour la conservation des hippopotames et leur cohabitation avec les populations locales.<\/p>\n<p>Le projet vise la sauvegarde de la biodiversit\u00e9 et des esp\u00e8ces menac\u00e9es dont l\u2019hippopotame et l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie des populations locales gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019installation d\u2019une r\u00e9serve biologique communautaire pilote de 400 ha comme support scientifique, culturel et didactique dans la vall\u00e9e du fleuve Mono. Les diff\u00e9rents groupes b\u00e9n\u00e9ficiaires du projet sont les agriculteurs, les p\u00eacheurs, les \u00e9leveurs, les chasseurs, les commer\u00e7ants et les femmes surtout pour l\u2019utilisation de bois de chauffe n\u00e9cessaire au fumage de poissons.<\/p>\n<p>Pourtant, l\u2019hippopotame joue m\u00eame un r\u00f4le important dans la biodiversit\u00e9. En d\u00e9f\u00e9quant dans les rivi\u00e8res, il les enrichit avec du silicium, un \u00e9l\u00e9ment indispensable \u00e0 la croissance de micro-algues essentielles \u00e0 l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me des rivi\u00e8res africaines. Les hippopotames sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables face aux menaces car ayant une productivit\u00e9 tr\u00e8s lente. Les femelles n\u2019atteignent en effet leur maturit\u00e9 sexuelle qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, et la gestation est longue, elle qui dure 8 mois.<\/p>\n<p>Selon Rebecca Lewison, copr\u00e9sidente du groupe de sp\u00e9cialistes des hippopotames de l\u2019UICN, la plus grande menace pour les hippopotames est la perte et la d\u00e9gradation de leur habitat. \u00ab Les hippopotames d\u00e9pendent de l\u2019eau douce pour survivre, ce qui les met souvent en conflit avec les communaut\u00e9s locales qui ont \u00e9galement besoin d\u2019eau douce pour l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9nergie, la p\u00eache et le d\u00e9veloppement r\u00e9sidentiel. Les conflits hippo-humains sont en augmentation, en particulier en Afrique de l\u2019Ouest, o\u00f9 les populations d\u2019hippopotames communs d\u00e9clinent rapidement. Les conflits hippopotames-humains entra\u00eenent malheureusement des d\u00e9c\u00e8s d\u2019hippopotame et d\u2019humains et ont contribu\u00e9 \u00e0 un probl\u00e8me connexe de chasse non r\u00e9glement\u00e9e pour la viande d\u2019hippopotame et l\u2019ivoire, qui se trouve dans leurs dents canines. \u00bb, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>Rappelons que les hippopotames sont d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pertori\u00e9s comme une esp\u00e8ce de l&rsquo;annexe II. La prochaine convention aura lieu en novembre prochain. (Afrik Management\/novembre\/2023)<\/p>\n<p>par <b>Nicolas Koffigan<\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un nombre important d\u2019hippopotames en Afrique est clandestinement massacr\u00e9 et si rien n\u2019est fait d\u2019ici 30 ans, le colosse deviendra vuln\u00e9rable et dispara\u00eetre de la terre. Ainsi, des r\u00e9seaux de trafiquants font tout pour passer par les mailles gr\u00e2ce \u00e0 la corruption, malgr\u00e9 les efforts des ONG internationales, telle qu\u2019EAGLE-Togo qui accompagne les autorit\u00e9s pour que les textes sur la protection des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es soient appliqu\u00e9s. Les principales menaces qui p\u00e8sent sur les hippopotames sont la chasse pour la viande et pour ses dents et la diminution drastique de l\u2019habitat. 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