{"id":4552,"date":"2023-11-10T13:26:59","date_gmt":"2023-11-10T13:26:59","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmanagement.com\/?p=4552"},"modified":"2023-11-10T13:39:21","modified_gmt":"2023-11-10T13:39:21","slug":"etre-heureux-au-travail-compte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmanagement.com\/index.php\/2023\/11\/10\/etre-heureux-au-travail-compte\/","title":{"rendered":"\u00catre heureux au travail compte"},"content":{"rendered":"<p><b>On croyait autrefois qu\u2019il n\u2019y avait pas besoin d\u2019\u00eatre heureux au travail pour r\u00e9ussir. Et qu\u2019il n\u2019y avait pas besoin d\u2019appr\u00e9cier ses coll\u00e8gues, ni m\u00eame de partager leurs valeurs. \u00ab\u00a0Le travail n\u2019a rien de personnel\u00a0\u00bb, telle \u00e9tait l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale. Une opinion archifausse.<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mes recherches aupr\u00e8s de dizaines d\u2019entreprises et de centaines de personnes \u2013 ainsi que les \u00e9tudes men\u00e9es par des neuroscientifiques comme Richard Davidson et Vilayanur S. Ramachandran et des universitaires tel que Shawn Achor \u2013 mettent en \u00e9vidence un constat simple : les gens heureux font de meilleurs travailleurs (lire aussi la chronique :\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.hbrfrance.fr\/chroniques-experts\/2017\/07\/16331-bien-etre-salaries-genere-de-rentabilite\/\"><b>\u00ab Comment le bien-\u00eatre des salari\u00e9s g\u00e9n\u00e8re de la rentabilit\u00e9 \u00bb<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">). Ceux qui sont impliqu\u00e9s dans leur poste et aupr\u00e8s de leurs coll\u00e8gues travaillent plus dur \u2013 et plus intelligemment.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pourtant, un nombre alarmant de salari\u00e9s ne sont pas engag\u00e9s au travail. Selon un rapport Gallup de 2013 qui donne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, 30% seulement des travailleurs am\u00e9ricains seraient engag\u00e9s. Cela fait \u00e9cho \u00e0 ce que j\u2019ai constat\u00e9 dans mes travaux. Peu de gens sont r\u00e9ellement\u00a0<\/span><a href=\"http:\/\/www.inderscience.com\/info\/inarticle.php?artid=50710\"><b>\u00ab attach\u00e9s \u00e9motionnellement et intellectuellement \u00bb<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00e0 leur entreprise. Nombreux sont ceux qui se fichent \u00e9perdument de ce qui se passe autour d\u2019eux. Pour eux, ils estiment \u00ab avoir fait le plus dur \u00bb d\u00e8s le mercredi, puis ne travaillent que pour arriver au vendredi. Et il y a l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 de la courbe en cloche : pr\u00e8s d\u2019un salari\u00e9 sur cinq est activement d\u00e9sengag\u00e9, toujours selon le rapport Gallup. Ces individus sabotent les projets, poignardent leurs coll\u00e8gues dans le dos et causent en g\u00e9n\u00e9ral de gros d\u00e9g\u00e2ts dans leur environnement de travail.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le rapport Gallup indique \u00e9galement que l\u2019engagement des employ\u00e9s est demeur\u00e9 largement constant au fil des ann\u00e9es, malgr\u00e9 les al\u00e9as de l\u2019\u00e9conomie. De quoi donner le frisson : nous ne sommes pas impliqu\u00e9s dans notre travail, et cela ne date pas d\u2019hier.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il n\u2019est pas tr\u00e8s dr\u00f4le de travailler avec des personnes d\u00e9sengag\u00e9es et malheureuses. Elles n\u2019apportent pas beaucoup de valeur ajout\u00e9e et ont un impact profond\u00e9ment n\u00e9gatif sur nos entreprises (et sur notre \u00e9conomie). C\u2019est encore pire quand les leaders sont d\u00e9sengag\u00e9s car leur attitude est contagieuse. Leurs \u00e9motions et leur \u00e9tat d\u2019esprit affectent \u00e9norm\u00e9ment l\u2019humeur et la performance des autres salari\u00e9s. Apr\u00e8s tout, comment nous nous sentons est li\u00e9 \u00e0 ce que nous pensons et \u00e0 la mani\u00e8re dont nous pensons. Autrement dit, la pens\u00e9e influence l\u2019\u00e9motion, et\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.scientificamerican.com\/article\/mind-reviews-the-emotional-life-of\/\"><b>l\u2019\u00e9motion influence la pens\u00e9e<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">.<\/span><\/p>\n<p><b>Le poids des \u00e9motions<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il est temps de briser enfin le mythe selon lequel, au travail, les sentiments ne comptent pas. La science nous donne raison :\u00a0<\/span><a href=\"http:\/\/www.randomhousebooks.com\/books\/69102\/\"><b>il existe des liens neurologiques clairs entre les sentiments, les pens\u00e9es et les actions<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Lorsque nous sommes en proie \u00e0 de fortes \u00e9motions n\u00e9gatives, c\u2019est comme si nous avions des \u0153ill\u00e8res. Nous nous concentrons principalement \u2013 parfois uniquement \u2013 sur la source de la douleur. Nous ne traitons pas aussi bien les informations, nous ne pensons pas de mani\u00e8re cr\u00e9ative et nous ne prenons pas de\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.hbrfrance.fr\/chroniques-experts\/2017\/07\/16185-5-questions-a-se-poser-prendre-bonnes-decisions\/\"><b>bonnes d\u00e9cisions<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Avec la frustration, la col\u00e8re ou le stress, nous nous coupons d\u2019une grande partie de nous-m\u00eames \u2013\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/hbr.org\/product\/primal-leadership-with-a-new-preface-by-the-authors-unleashing-the-power-of-emotional-intelligence\/16558E-KND-ENG\"><b>celle qui pense et s\u2019implique<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Le d\u00e9sengagement est une r\u00e9action psychologique et neurologique naturelle aux \u00e9motions n\u00e9gatives envahissantes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais ce n\u2019est pas seulement des \u00e9motions n\u00e9gatives dont nous devons nous m\u00e9fier.\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/greatergood.berkeley.edu\/article\/item\/four_ways_happiness_can_hurt_you\"><b>Des \u00e9motions positives extr\u00eamement fortes peuvent avoir le m\u00eame effet<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Un certain nombre d\u2019\u00e9tudes montrent que trop de bonheur peut vous rendre moins cr\u00e9atif et enclin \u00e0 adopter des comportements plus risqu\u00e9s (pensez \u00e0 quel point nous pouvons agir de fa\u00e7on stupide quand nous tombons amoureux). En ce qui concerne le travail, j\u2019ai vu des groupes d\u2019individus se mettre dans tous leurs \u00e9tats lors de congr\u00e8s commerciaux ou de s\u00e9minaires d\u2019entreprise. En g\u00e9n\u00e9ral, peu de connaissances et d\u2019innovations ressortent de ces r\u00e9unions. Ajoutez \u00e0 cela beaucoup d\u2019alcool, et vous faites face \u00e0 toute une s\u00e9rie de probl\u00e8mes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Si l\u2019on part du principe que nos \u00e9tats \u00e9motionnels au travail sont importants, que pouvons-nous faire pour accro\u00eetre l\u2019engagement et am\u00e9liorer les performances ?<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, mon \u00e9quipe au Teleos Leadership Institute et moi-m\u00eame avons \u00e9tudi\u00e9 des dizaines d\u2019entreprises et interrog\u00e9 des milliers de personnes. Nos premi\u00e8res conclusions concernant les liens entre les sentiments des individus et l\u2019engagement sont tout \u00e0 fait surprenants. Les d\u00e9sirs et les besoins qu\u2019ils expriment pr\u00e9sentent des similitudes \u00e9videntes, peu importe d\u2019o\u00f9 ils viennent, pour qui ils travaillent ou dans quel domaine. On suppose souvent qu\u2019il existe d\u2019\u00e9normes diff\u00e9rences entre les secteurs d\u2019activit\u00e9 et d\u2019un pays \u00e0 l\u2019autre, mais les recherches remettent en question cette hypoth\u00e8se.<\/span><\/p>\n<p><b>Les trois conditions de l\u2019engagement<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Tout le monde, ou presque, pense que pour \u00eatre engag\u00e9 et heureux, il nous faut trois choses :<\/span><\/p>\n<ol>\n<li><b> Une vision claire de l\u2019avenir.\u00a0<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">Lorsque les sujets ont \u00e9chang\u00e9 avec notre \u00e9quipe de recherche \u00e0 propos de ce qui fonctionnait et de ce qui ne fonctionnait pas dans leur entreprise, de ce qui les avaient aid\u00e9s ou g\u00ean\u00e9s, ils ont \u00e9voqu\u00e9 la vision. Les individus veulent pouvoir visualiser l\u2019avenir et comprendre quel y est leur r\u00f4le. Et, comme nous le savons gr\u00e2ce \u00e0 nos travaux sur\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/hbr.org\/product\/becoming-a-resonant-leader-develop-your-emotional-intelligence-renew-your-relationships-sustain-your-effectiveness\/1734-PBK-ENG\"><b>le changement intentionnel<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">men\u00e9s\u00a0<\/span><a href=\"http:\/\/www.emeraldinsight.com\/doi\/abs\/10.1108\/20436231211216394\"><b>avec le sp\u00e9cialiste du comportement organisationnel, Richard Boyatzis<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">, les individus apprennent et \u00e9voluent lorsqu\u2019ils ont une vision personnelle li\u00e9e \u00e0 une vision organisationnelle. Malheureusement, un trop grand nombre de leaders ne donnent pas une vision de l\u2019avenir tr\u00e8s percutante ; ils n\u2019essaient pas de la lier \u00e0 la vision personnelle des gens et ne communiquent pas bien. Et, en cons\u00e9quence, ils perdent des collaborateurs.<\/span><\/li>\n<li><b> La raison d\u2019\u00eatre.\u00a0<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">Les individus veulent avoir l\u2019impression que leur travail compte, que leur contribution aide \u00e0 r\u00e9aliser quelque chose de vraiment important. Et \u00e0 l\u2019exception de ceux qui se trouvent au sommet, la valeur pour l\u2019actionnaire n\u2019est pas un objectif significatif, qui les excite et les engage. Ils veulent savoir qu\u2019ils \u2013 et leur entreprise \u2013 font quelque chose d\u2019important, qui compte pour les autres (lire aussi la chronique :\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.hbrfrance.fr\/chroniques-experts\/2017\/12\/18173-on-ne-trouve-raison-detre-on-construit\/\"><b>\u00ab On ne trouve pas sa raison d\u2019\u00eatre, on la construit \u00bb<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">).<\/span><\/li>\n<li><b> De bonnes relations.\u00a0<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">On sait que\u00a0<\/span><a href=\"http:\/\/news.gallup.com\/businessjournal\/523\/how-managers-trump-companies.aspx\"><b>les gens rejoignent une entreprise et quittent un patron<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Une relation dissonante avec un patron est franchement douloureuse. Il en va de m\u00eame des mauvaises relations avec les coll\u00e8gues. Dirigeants, managers et salari\u00e9s s\u2019accordent \u00e0 dire que des relations \u00e9troites, de confiance et de soutien sont extr\u00eamement importantes pour leur \u00e9tat d\u2019esprit \u2013 et pour leur envie de contribuer au travail d\u2019\u00e9quipe.<\/span><\/li>\n<\/ol>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En fait, la science du cerveau et la recherche organisationnelle sont en fait en train de briser les vieux mythes : les \u00e9motions comptent beaucoup au travail (lire aussi l\u2019article :\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.hbrfrance.fr\/magazine\/2018\/01\/18386-gerez-culture-emotionnelle\/\"><b>\u00ab G\u00e9rez votre culture \u00e9motionnelle \u00bb<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">). Le bonheur est important. Pour \u00eatre pleinement engag\u00e9s, les individus ont besoin d\u2019une vision, d\u2019un sens, d\u2019une raison d\u2019\u00eatre et de relations fortes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">C\u2019est \u00e0 nous, en tant qu\u2019individus, de trouver des fa\u00e7ons de vivre nos valeurs au travail et de b\u00e2tir de belles relations. Et c\u2019est aux leaders de\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/www.hbrfrance.fr\/chroniques-experts\/2018\/09\/21414-comment-cultiver-loptimisme-au-travail\/\"><b>cr\u00e9er un environnement o\u00f9 les gens puissent s\u2019\u00e9panouir<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. C\u2019est simple et pragmatique : si vous voulez des collaborateurs engag\u00e9s, pr\u00eatez attention \u00e0 la mani\u00e8re dont vous b\u00e2tissez votre vision, dont vous associez le travail des salari\u00e9s \u00e0 la raison d\u2019\u00eatre de votre entreprise, et dont vous r\u00e9compensez les personnes qui entrent en r\u00e9sonance avec les autres.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em><b>Par<\/b> <a href=\"https:\/\/www.hbrfrance.fr\/experts\/annie-mckee\"><b>Annie McKee<\/b><\/a><\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On croyait autrefois qu\u2019il n\u2019y avait pas besoin d\u2019\u00eatre heureux au travail pour r\u00e9ussir. Et qu\u2019il n\u2019y avait pas besoin d\u2019appr\u00e9cier ses coll\u00e8gues, ni m\u00eame de partager leurs valeurs. \u00ab\u00a0Le travail n\u2019a rien de personnel\u00a0\u00bb, telle \u00e9tait l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale. Une opinion archifausse. Mes recherches aupr\u00e8s de dizaines d\u2019entreprises et de centaines de personnes \u2013 ainsi que les \u00e9tudes men\u00e9es par des neuroscientifiques comme Richard Davidson et Vilayanur S. 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