{"id":2589,"date":"2023-09-12T12:16:44","date_gmt":"2023-09-12T12:16:44","guid":{"rendered":"https:\/\/afrikmanagement.com\/?p=2589"},"modified":"2023-09-18T11:55:23","modified_gmt":"2023-09-18T11:55:23","slug":"afrique-le-climat-met-a-rude-epreuve-une-agriculture-aux-rendements-insuffisants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afrikmanagement.com\/index.php\/2023\/09\/12\/afrique-le-climat-met-a-rude-epreuve-une-agriculture-aux-rendements-insuffisants\/","title":{"rendered":"AFRIQUE : le climat met \u00e0 rude \u00e9preuve une agriculture aux rendements insuffisants"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les s\u00e9cheresses et autres ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames ne menacent pas seulement les vies humaines, mais aussi la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Et pour un continent comme l\u2019Afrique, o\u00f9 les pratiques agricoles sont peu rentables, la facture est davantage sal\u00e9e. Dans la corne de l\u2019Afrique, le Programme alimentaire mondial (PAM), estime \u00e0 au moins 20 millions le nombre de personnes expos\u00e9es \u00e0 un risque de famine, en raison de la s\u00e9cheresse. Comme alternative, des scientifiques proposent une agriculture \u00e0 la fois rentable, durable et r\u00e9siliente au climat.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En Afrique, la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire est davantage menac\u00e9e par des ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames, notamment les s\u00e8cheresses et les inondations. Si en absence de ces ph\u00e9nom\u00e8nes, les rendements agricoles sont d\u00e9j\u00e0 insuffisants pour une population sans cesse croissante (2,1 milliards d\u2019habitants d\u2019ici \u00e0 2050, selon les Nations unies), ces rendements sont encore plus faibles, dans ce contexte marqu\u00e9 par le changement climatique. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) au moins 20 millions de personnes, dans la corne de l\u2019Afrique, sont expos\u00e9es depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, \u00e0 un risque de famine, en raison de la s\u00e9cheresse qui s\u2019aggrave au Kenya, en Somalie et en \u00c9thiopie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Aborder la probl\u00e9matique de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire passe avant tout par l\u2019analyse de la production agricole. Elle reste l\u2019une des variables d\u00e9terminantes, puisqu\u2019elle affecte jusqu\u2019\u00e0 la ration alimentaire moyenne par habitant. D\u2019apr\u00e8s l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO), entre 1960 et 2000, la production alimentaire par habitant a augment\u00e9 partout dans le monde, sauf en Afrique subsaharienne. Bien que le continent d\u00e9tienne 12 % des terres arables de la plan\u00e8te, sa part dans le commerce mondial des produits agricoles a d\u00e9clin\u00e9 de 10 % en 1960 \u00e0 2 % aujourd\u2019hui. Sa balance commerciale agricole, \u00e9quilibr\u00e9e jusqu\u2019en 1980, s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e en raison d\u2019importations alimentaires (riz, huile, bl\u00e9).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pour la FAO, les rendements des cultures alimentaires en Afrique subsaharienne sont faibles, particuli\u00e8rement \u00e0 cause d\u2019un manque d\u2019apport d\u2019intrants organiques et min\u00e9raux. Seulement de l\u2019ordre de 10 kg d\u2019engrais par hectare et par an, soit 20 fois moins que dans les pays industrialis\u00e9s et 10 fois moins que la moyenne mondiale. Il en est de m\u00eame du plantage des arbres pour recycler les \u00e9l\u00e9ments min\u00e9raux et fixer l\u2019azote de l\u2019air, de la cr\u00e9ation des retenues collinaires, de l\u2019irrigation des plantations et de la r\u00e9duction des pertes de stockage.<\/span><\/p>\n<p><b>L\u2019impact additionnel du climat<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La s\u00e9curit\u00e9 alimentaire est davantage compromise en Afrique, lorsque les cons\u00e9quences d\u2019une agriculture peu rentable, s\u2019ajoutent \u00e0 celles des manifestations m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Les s\u00e9cheresses, les inondations, la hausse du niveau des mers et les ouragans ont un impact n\u00e9gatif sur les moyens de subsistance de l\u2019homme. Car ces ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9truisent les r\u00e9coltes, le b\u00e9tail, les ressources halieutiques, les \u00e9cosyst\u00e8mes ainsi que les infrastructures qui sous-tendent l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9levage et la p\u00eache, sans compter des installations de production tels que les syst\u00e8mes d\u2019irrigation et les abris pour le b\u00e9tail. Un ph\u00e9nom\u00e8ne qui se manifeste avec plus d\u2019acuit\u00e9 en Afrique, o\u00f9 les syst\u00e8mes d\u2019alerte aux catastrophes climatique sont insuffisants. Le rapport \u00ab\u00c9tat du climat en Afrique 2021\u00bb publi\u00e9 par l\u2019Organisation m\u00e9t\u00e9orologique mondiale (OMM), indique que 60 % de la population africaine n\u2019est pas couverte par des syst\u00e8mes d\u2019alerte pr\u00e9coce pour faire face aux ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames et au changement climatique.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD) indique que plus de 90% de l\u2019agriculture africaine repose sur les pr\u00e9cipitations. Ce qui en fait le secteur \u00e9conomique le plus vuln\u00e9rable et le plus expos\u00e9 aux impacts du climat. L\u2019inqui\u00e9tude est plus grande, lorsqu\u2019on \u00e9voque les pr\u00e9visions de la BAD. Selon l\u2019institution financi\u00e8re, les ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames tels que les s\u00e9cheresses, les inondations, les stress thermiques et les cyclones tropicaux vont s\u2019intensifier et se multiplier. Dans certains cas, les extr\u00eames climatiques d\u2019aujourd\u2019hui pourront \u00eatre le temps \u00abnormal \u00bb de demain. Par ailleurs, l\u2019\u00e9l\u00e9vation du niveau de la mer va menacer l\u2019importante population c\u00f4ti\u00e8re de l\u2019Afrique. Ces impacts ne mettront pas seulement en p\u00e9ril le bien-\u00eatre et les moyens de subsistance des populations, ils endommageront l\u2019environnement et l\u2019\u00e9conomie.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Plus de la moiti\u00e9 des personnes vivant dans la pauvret\u00e9 sont en effet des petits exploitants agricoles. Selon la BAD, ces derniers fournissent pourtant 80 % de la nourriture consomm\u00e9e dans la r\u00e9gion. C\u2019est dire combien le changement climatique, auquel sont confront\u00e9es des centaines de milliers de paysans africains, fragilise les \u00e9conomies locales et accentue l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il est d\u00e8s lors \u00e9vident pour les agriculteurs, les \u00e9leveurs, et les p\u00eacheurs africains, que s\u2019adapter au changement climatique revient \u00e0 s\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/span><\/p>\n<p><b>Aller au-del\u00e0 d\u2019une agriculture r\u00e9siliente au climat<\/b><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La garantie de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire en Afrique en contexte de changement climatique devrait prendre en compte les param\u00e8tres de productivit\u00e9, de durabilit\u00e9 et d\u2019adaptation au changement climatique. La FAO pense qu\u2019une bonne partie de la solution est \u00e0 rechercher dans les diff\u00e9rents secteurs qui composent l\u2019agriculture, notamment la foresterie, les p\u00eacheries et l\u2019aquaculture. \u00ab\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Nous avons le devoir de renforcer la sensibilisation \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et renforcer l\u2019engagement politique \u00e0 tous niveaux; \u00e9laborer une analyse de donn\u00e9es sur les impacts et les possibilit\u00e9s offertes aux diff\u00e9rents secteurs agricoles et la mettre \u00e0 disposition des d\u00e9cideurs politiques comme des petits paysans; renforcer les investissements, la recherche et le d\u00e9veloppement pour b\u00e2tir la r\u00e9silience et faire face aux impacts des changements climatiques qu\u2019on anticipe<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb, explique la FAO.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le rapport du groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat (GIEC) demande un mod\u00e8le \u00ab d\u2019<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">adaptation par la transformation<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00bb qui \u00ab<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">modifie les attributs fondamentaux d\u2019un syst\u00e8me en r\u00e9ponse au climat et \u00e0 ses impacts.<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb. Il faut n\u00e9anmoins relever qu\u2019aujourd\u2019hui en Afrique, il existe des cas isol\u00e9s, de pays qui reconnaissent les b\u00e9n\u00e9fices de l\u2019usage durable de la terre, d\u2019une agriculture rentable et r\u00e9siliente au climat. C\u2019est le cas de l\u2019\u00c9thiopie, du Kenya et du Rwanda, qui ont d\u00e9j\u00e0 mis des plans en place.<\/span><\/p>\n<p><b>Lire aussi-<\/b><a href=\"https:\/\/www.afrik21.africa\/afrique-les-engagements-climatiques-du-6e-sommet-union-africaine-union-europeenne\/\"><b>AFRIQUE : les engagements climatiques du 6e sommet Union africaine-Union europ\u00e9enne<\/b><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En \u00c9thiopie, le gouvernement a mis sur pied la strat\u00e9gie d\u2019\u00e9conomie verte et r\u00e9siliente au climat. Le programme vise \u00e0 faire atteindre au pays le statut de pays \u00e0 revenu moyen d\u2019ici \u00e0 2025 tout en d\u00e9veloppant une \u00e9conomie verte. Ses quatre piliers sont l\u2019am\u00e9lioration des r\u00e9coltes et des pratiques de production du b\u00e9tail ; la protection et la replantation des for\u00eats; l\u2019augmentation de la g\u00e9n\u00e9ration d\u2019\u00e9nergies renouvelables; et le passage direct \u00e0 des technologies \u00e9conomes en \u00e9nergie pour les transports, l\u2019industrie et la construction.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le plan de r\u00e9silience climatique \u00e0 faible \u00e9mission de carbone du Kenya est int\u00e9gr\u00e9 dans le plan national de d\u00e9veloppement,\u00a0<\/span><a href=\"https:\/\/vision2030.go.ke\/\"><b>Kenya Vision 2030<\/b><\/a><span style=\"font-weight: 400;\">. Le pays d\u2019Afrique de l\u2019Est a remplac\u00e9 les mod\u00e8les traditionnels de d\u00e9veloppement fond\u00e9s sur le PIB par un nouveau mod\u00e8le incorporant les dimensions sociales des progr\u00e8s du d\u00e9veloppement. Les petits exploitants agricoles kenyans sont encourag\u00e9s \u00e0 adopter des syst\u00e8mes agricoles r\u00e9sistant au changement climatique comme l\u2019agroforesterie, l\u2019agriculture sans labour et la diversification des cultures pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019approche d\u2019agriculture verte r\u00e9siliente au climat du Rwanda s\u2019inscrit dans une d\u00e9marche d\u2019ensemble qui combine la cr\u00e9ation de richesse durable et la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 une gestion durable des ressources naturelles et \u00e0 une croissance \u00e9conomique r\u00e9siliente au climat et verte. Cela passe par la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9, d\u2019une part en autonomisant les ruraux pauvres, hommes et femmes, afin qu\u2019ils participent \u00e0 la transformation du secteur de l\u2019agriculture et au d\u00e9veloppement rural, et d\u2019autre part en r\u00e9duisant leur vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux changements climatiques. Le Rwanda s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 \u00e0 consacrer 10% de son budget \u00e0 l\u2019agriculture, pour assurer une croissance de 6% \u00e0 ce secteur.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">En Afrique de l\u2019Est et de l\u2019Ouest o\u00f9 la question de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire se pose avec acuit\u00e9, les experts conseillent aux communaut\u00e9s rurales, l\u2019adoption de cultures mixtes et en terrasses. \u00ab\u00a0<\/span><i><span style=\"font-weight: 400;\">Cela passe notamment par une diversification des cultures (ma\u00efs, l\u00e9gumes, etc.), une meilleure irrigation et par un acc\u00e8s facilit\u00e9 aux semences et aux esp\u00e8ces les plus r\u00e9sistantes au changement climatique<\/span><\/i><span style=\"font-weight: 400;\">\u00a0\u00bb, explique Tamer El-Raghy, le fonds de capital-risque ARAF (Acumen Resilient Agriculture Fund) qui intervient dans plusieurs pays d\u2019Afrique touch\u00e9s par le changement climatique.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les s\u00e9cheresses et autres ph\u00e9nom\u00e8nes climatiques extr\u00eames ne menacent pas seulement les vies humaines, mais aussi la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. 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